Le pastoralisme en région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le secteur de l'élevage arrive assez loin derrière celui de la viticulture ou des fruits et légumes, en nombre d'exploitations comme en poids économique. La filière ovine est la plus importante avec 1700 exploitations et 605 000 brebis mères en 2011, essentiellement destinées à la production d'agneaux de boucherie. Il s’y rajoute 900 exploitations bovines pour 22 500 vaches, allaitantes pour les deux tiers, ainsi que 400 exploitations caprines comptant 16 000 chèvres, axées pour la plupart sur la production fromagère fermière et la vente directe. Ces élevages sont basés dans leur grande majorité sur la valorisation des espaces naturels par les pratiques pastorales; ils occupent ainsi une part importante du territoire régional, dans les zones de montagne comme dans les zones de plaine. Les espaces naturels pâturés couvrent en effet 750 000 hectares : ils concernent deux communes sur trois et un quart du territoire régional. Ils offrent une très grande diversité de milieux et de possibilités de pâturage, depuis les pelouses de haute altitude réservées à la saison estivale jusqu'aux massifs forestiers du littoral utilisés en hiver et au printemps, en passant par toute la gamme des parcours de plaine, de collines et de moyennes montagnes, avec des pelouses sèches ou steppiques, des landes à genêt ou à buis, des garrigues et maquis méditerranéens, des milieux humides, enfin des forêts pâturés de chênes, pins ou mélèze. Les espaces pastoraux offrent des conditions naturelles souvent difficiles : une pelouse souvent rase et éparse, un relief marqué par de fortes pentes et des affleurements de cailloux et de sol nu, des formations végétales complexes constituées d’herbe fine et grossière, de buissons et d’arbres, une ressource soumises aux aléas d’un climat très sec l’été et souvent très froid l’hiver. Par les vastes espaces qu’ils offrent, les parcours apportent cependant aussi une souplesse et une sécurité indispensable à l’alimentation des troupeaux. Espaces tampons pour les années sèches, espaces abris par mauvais temps, espace ressources en hiver quand l’herbe est rare, ils permettent une précieuse économie de foin. Le plus souvent, les exploitations associent dans leurs systèmes d'élevage des cultures de fourrages et de céréales avec l'utilisation des espaces pastoraux. Certaines sont sédentaires, et valorisent alors des parcours de proximité. La plupart sont transhumantes, et déplacent leurs troupeaux à plus ou moins grande distance : chaque été, 600 000 ovins et 24 000 bovins transhument vers les alpages des Alpes du sud, tandis que 150 000 ovins rejoignent ceux des Alpes du nord (Drôme, Isère, Savoie); en hiver, 100.000 ovins de montagne gagnent les pâturages des zones littorales plus clémentes. C’est ainsi une part importante de l’alimentation des troupeaux qui proviennent de l’espace pastoral, très variable selon l’orientation des systèmes de production, la race, l’altitude. Si elle atteint facilement 30 à 50 % pour une exploitation de montagne connaissant un long temps en bergerie l’hiver, elle peut aller jusqu’à 90 % des besoins des animaux pour les exploitations méditerranéennes au pâturage toute l’année. L’élevage pastoral mobilise des races locales à vocation rustique, représentant un patrimoine génétique domestique précieux, avec pour les ovins la Mérinos d’Arles, la Préalpes, la Mourrerous, pour les chèvres la Rove et la Commune provençale, enfin les races bovines de Camargue. Les éleveurs façonnent dans la durée des troupeaux adaptées aux difficiles conditions des milieux pastoraux par un patient travail de sélection, tout autant que par l’apprentissage continu de leurs animaux. Les éleveurs mobilisent des savoir-faire spécifiques pour pâturer les parcours et les alpages. Traditionnellement, le gardiennage est très répandu pour conduire les animaux au pâturage, de la part de l’éleveur-berger ou d’un berger salarié. Sous des formes toujours renouvelé, le gardiennage s’appuie sur un important effort d’équipement permettant d’accueillir la personne affectée au troupeau : accès carrossable ou héliportage, cabanes pastorales, alimentation en eau et en énergie renouvelable. Il est toujours présent grâce aux effectifs importants toujours présents. Les savoir-faire pastoraux concernent aussi la gestion en parcs clôturés qui permettent de gérer au plus près la ressource tout en économisant la main d’œuvre nécessaire. La clôture électrique est aujourd’hui l’équipement le plus mobilisé. Les formations de bergers, plus largement les formations pastorales, permettent de transmettre et diffuser ces savoir-faire aux publics agricoles comme à des publics d’étudiants et de techniciens de structures forestières ou environnementales en charge de la gestion des territoires. Nos élevages ont pour vocation la production de viande, de lait ou de fromages. Le pastoralisme est un vecteur d'identification et de différenciation de ces produits. Les filières d'élevage ont ainsi inscrit les pratiques pastorales dans leurs démarches de valorisation des produits par la typicité et la qualité, sur les circuits courts de vente directe ou sur les circuits plus longs de commercialisation : par exemple, l'Indication Géographique Protégée Agneau de Sisteron Label Rouge en viande ovine, ou l'Appellation d'Origine Protégée Banon en production caprine fromagère. Le pastoralisme est aussi devenu une donnée majeure de la protection et de la gestion des espaces naturels. Partout, les espaces pastoraux sont reconnus parmi ceux à haute biodiversité; ils sont au cœur de nos zones Parcs nationaux, des Parcs naturels régionaux, des réserves naturelles et espaces protégées de la Région, notamment dans le cadre du réseau de sites Natura 2000. Les enjeux de biodiversité concernent les écosystèmes de pelouses sèches, de pelouses d’altitude, les populations de rapace, ou encore celles de reptiles protégés comme la vimère d’Orsini. L’élevage pastoral est également fortement mobilisé pour réduire les risques d’incendie dans les massifs forestiers méditerranéens. Par un long et patient travail de partenariat avec les gestionnaires de l'environnement et de la forêt, les éleveurs ont développé de nouvelles techniques d'aménagement et de conduite du pâturage destinées à façonner les structures de végétation ; ils contribuent ainsi à la gestion des écosystèmes et à la défense des forêts contre l'incendie, en combinant objectifs de production et objectifs d'environnement, et en prenant appui pour rémunérer ces services sur les dispositifs publics de financement agro-environnemental qui se succèdent depuis 1990. Porteurs d’un patrimoine culturel pluriséculaire, les éleveurs s'attachent également à faire plus largement connaître leurs fonctions et leurs produits auprès du grand public, dans des journées d'accueil et de découverte en alpage, dans la Maison du Berger de Champoléon (05), ou encore par les actions de la Maison de la Transhumance basée à St Martin de Crau (13). Le pastoralisme est donc bien une donnée incontournable de nos élevages, commandée par les reliefs, les sols, le climat. C'est bien pourquoi aussi il constitue un domaine clé d'intervention et de modernisation depuis plus d’une trentaine d'années, avec l'appui de la Région, des Départements, de l'Etat, de l'Union Européenne. Les secteurs d'action sont multiples : - organisation des éleveurs en groupements pastoraux, restructuration foncière et rénovation des règles de location des surfaces, - aménagement et équipement des pâturages, formation des bergers salariés, - amélioration des races locales et bien d'autres domaines d’intervention encore, avec un accompagnement continu en recherche appliquée et développement. Le pastoralisme en Provence-Alpes-Côte d'Azur ne manque donc pas de dynamisme, d'innovations, de résultats. Ce tableau résolument positif ne doit cependant pas masquer l’ampleur des efforts encore et toujours nécessaires pour accompagner la modernisation du pastoralisme, et depuis 20 ans maintenant pour affronter la colonisation des espaces pastoraux par le loup. C’est dans ces conditions qu’il sera possible d’offrir aux éleveurs des perspectives d'avenir crédibles pour leurs métiers, pour leurs produits et pour leurs partenariats territoriaux.
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Centre d'Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée pour la gestion des espaces naturels par l'élevage
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